Arnaud Launay

samedi 9 juillet 2005

Restaurant: Le Mesnil

Mise à jour: ce restaurant a été repris par un nouveau propriétaire et un nouveau chef, cette critique n'est donc plus à jour. Merci au repreneur de me l'avoir signalé.

Toujours dans le cadre du week-end en Champagne, SF nous avait sorti de sa manche une adresse du Gault et Millau:

Le Mesnil
2, Rue Pasteur
51190 Le Mesnil-Sur-Oger

Pour commencer, la réception est plutôt froide, on nous avait indiqué qu'il fallait arriver à 21h dernier carat, et nous avons dû arriver vers 21h10. À l'entrée dans le restaurant, la décoration nous met la puce à l'oreille: style très clinquant genre "on va vous en mettre plein les yeux"... Malheureusement flinguée à la vue du serveur: un boutonneux de 16 ans, habillé en pingouin, et certainement pas à la hauteur de la tache: au vu du décor, les critères furent placés assez haut.

La salle, grande, avec des tables très espacées semblait appeler à la quiétude. Contrairement à toutes les tables parisiennes, nous nous sentions presque gênés de chuchoter. La seule autre table du restaurant, comptant une trentaine de places dans cette salle, était une table de quatre personnes... Un fond musical de jazz (Glenn Miller, Dave Brubeck, ...) emplissait assez bien cet assourdissant silence.

Après quelques minutes d'attente à table, on nous a apporté les cartes... Sans même nous demander si nous désirions un apéritif. À se demander si arriver à 21h n'est pas déjà une insulte pour ces gens. Après avoir tergiversé sur le menu, SF, ER, et GF ont commandé à la carte, tandis qu'AF et moi-même prenions un menu spécial. J'ai eu d'ailleurs l'impression de profondément déranger la femme du patron (?) en commandant.

  • Entrées:
    • Marmite d'escargots de Champagne (la fontaine de Bernon ) au Champagne, crème d'ail, persil (SF, GF)
    • Tranche de foie gras de canard frais nature, toast grillé (AF, AL)
    • Panaché de homard tiède, sauce cerfeuil sur julienne de légumes (AF, AL)
  • Plats:
    • Dos de saumon français sauce Mesniloise lentillons roses de Champagne (ER)
    • Magret de canard (AF, AL)
    • Carré d'agneau rôti aux herbes de Provence (SF, GF)
  • Fromages divers
  • Assortiment de dessert
  • Café
  • Vins:
    • Santenay 1er cru Vieille Vigne 1995
    • Santenay 1er cru Clos Tavannes 2000
    • Evian 1L

Nous avons donc entamé directement sur le vin, puisque les apéritifs semblaient inexistants. Celui-ci était un bon choix, mais il s'est avéré y avoir un problème: le gamin faisant le service a posé la bouteille 3m derrière nous, sur une desserte, mais n'avait visiblement pas encore intégré le concept de la vérification des verres vides lorsqu'il rentrait dans la pièce. Au bout de trois passages, AF s'est levé et a récupéré la bouteille afin de remplir nos verres. L'illusion du service sans le service...

Lorsque le gamin a apporté les entrées (ER n'en avait pas pris), si AF et moi-même avions une tranche de foie gras correcte (maison ? pas sûr), SF et GF se sont retrouvés avec deux récipients de taille ridicule, présentés comme la cassolette d'escargots et ont alors demandé s'il s'agissait bien de la marmite. Réponse atterrante du serveur: "Ben heu oui, la marmite et la cassolette c'est la même chose, c'est la même contenance, vous savez". Prends nous pour des cons, bouseux. 16,50€ pour 10 escargots se battant en duel, noyés sous une sauce quelconque, la pilule a eu du mal à passer. Le foie gras était assez bien, mais évidemment, nous fûmes assez vite en panne de toasts; et comme de bien évident, impossible d'attraper le serveur, nous avons dû terminer sur du pain. Quant à notre seconde entrée, le panaché de homard, elle s'est avérée passable. Le panaché était assez sec et sans saveur, froid, et non tiède comme indiqué sur la carte; de plus, on en trouve du meilleur dans n'importe quel supermarché. Seule la julienne de légume relevait un peu le plat...

Les entrées terminées, le reste de vin ne fit pas long feu, nous en commandâmes donc une seconde. Ceci sembla surprendre, voire déstabiliser la tenancière. Deux bouteilles pour cinq, il n'y a plus de jeunesse, mon bon monsieur. Heureusement, cette deuxième bouteille, bien que plus jeune, était elle aussi très correcte. Il est à noter que la carte des vins, très fournie, semble peut-être une des rares bonnes choses de ce restaurant. En testant ce second vin, j'ai remarqué que l'ambiance sonore avait un air de déjà entendu; après un ou deux titres, il s'est avéré que le CD tournait en boucle...

Les plats furent tout aussi décevants que les entrées. Le dos de saumon d'ER, à peine cuit, ressemblait à n'importe quel saumon de n'importe quel restaurant, sans aucune imagination, ni dans la sauce, ni dans l'accompagnement. Le carré d'agneau pour deux, d'après les intéressés, était impeccable, mais très juste en terme de quantité. Nos magrets de canard, en revanche, étaient trop cuits, gâchant tout plaisir. Une fausse note de plus, nous regrettions vraiment le choix du restaurant.

Le plateau de fromages, servi en chariot, était convenable, et incluait bien évidemment l'inévitable boulette d'Avesnes (qui est au fromage ce que le fast food est à la gastronomie). Les desserts, une boule de glace avec une tuile, nous laissèrent de glace. Enfin, le café, servi avec du sucre blanc (ces gens n'ont jamais dû entendre parler de sucre roux), était un café de jus de chaussette, et pas un expresso comme on pouvait s'y attendre dans ce genre de restaurant...

Je ne sais pas où le Gault et Millau a été chercher le 13 qu'ils ont décerné à ce restaurant, ou alors ils sont passés il y a quelques années et depuis, la qualité n'a cessé de baisser. C'est un restaurant que je déconseille absolument, le rapport qualité/prix étant digne des meilleurs arnaques à touristes de Paris: nous en avons eu pour plus de 62€ par personne, pour une qualité proche de la brasserie type boui-boui...

Déjeuner chez Michel Loriot

Le week-end du 9 et 10 juillet 2005, suite à l'invitation par les champagnes Michel Loriot de participer à un déjeuner afin de découvrir le millésime 2004, nous avions décidé avec GF, ER, AF et SF de visiter un peu la région.

Fraîchement arrivés le samedi matin, nous avons visité la cave du domaine, avec les explications sur la création du champagne, puis nous avons participé à une petite activité sympathique en quad pour "voir" les les plants de vigne (autant vous dire qu'il y avait 3 zozos en fin de queue qui n'ont pas trop regardé les vignes...).

Nous avons ensuite eu droit à l'apéritif-dégustation, avec deux champagne de la gamme:

  • Millésimé 1999: un régal
  • Extra brut: moins fin, moins profond

Vint ensuite le temps du déjeuner:

  • Melon et cocktail de fruits de mer, accompagné du brut rosé. Un plat assez simple, dans lequel on ne sentait que le goût du melon, mais celui-ci se mariait parfaitement avec le rosé.
  • Dinde au champagne, accompagnée par le réserve brut. Comme tous les plats en sauce (traiteur oblige), celui-ci était quelconque; le réserve brut a en revanche rencontré l'approbation de la tablée.
  • Fromage et le Loriot Rouge, coteaux champenois. Une tranche de brie avec un rouge très doux, rien à redire, quelconque.
  • Charlotte aux framboises et biscuits roses, avec la cuvée Marie Léopold. Un accord assez sympathique, et un dessert correct, dont S a d'ailleurs repris.

Après ce déjeuner convenable, surtout pour les 35€ déboursés par tête, et qui nous a permis de découvrir toute la gamme des champagnes, un Montecristo n5 a aidé à la digestion. Recherchant un peu de fraîcheur, nous avons tenté la dernière activité proposée, un petit tour en calèche. Le conducteur, ravi d'avoir des jeunes (la moyenne d'âge était assez élevée...), nous a fait faire un tour... mouvementée. Un très grand moment de rire, et quelques vêtements boueux plus tard, nous avons pris quelques caisses... Suffisamment pour remplir deux coffres de voiture, du millésimée 99 et du réserve brut.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers nos chambres d'hôtes, avant d'aller dîner au Mesnil.

dimanche 20 février 2005

Restaurant: l'Atelier Berger

49, rue Berger
75001 Paris

Table pour 3 un samedi soir.

Arrivée vers 20h30, accueil plus qu'agréable (dieu, qu'elle est jolie, cette superbe jeune brune qui m'a accueilli !), vérification de la table (mes parents, et surtout ma mère, étant particulièrement non fumeurs, j'ai préféré vérifier qu'il n'y avait pas de pompiers du papierkipue à côté), et salut à Jean Christiensen, le chef, qui m'a proposé un Mojito quand je suis redescendu au salon pour attendre mes parents. Ils sont arrivés quelques minutes après... Et là, c'est le drame: moi qui avait allumé mon Ramon Allones pour prendre l'apéritif tranquillement, j'ai été obligé de l'éteindre (enfin, de le laisser s'éteindre), sinon, ça aurait été la guerre. Bref.

Ma mère a pris un bourbon (servi avec des glaçons, ce qui l'a fait hurler -- oui, c'est une casse-couilles), et mon père une coupe de champagne. Discussion tranquille au salon jusqu'à 21h, 21h30, puis nous sommes montés. Le service a eu un peu de mal à se mettre en place -- nous avons eu les cartes immédiatement, mais il a fallu une bonne demi-heure pour que Jean vienne prendre notre commande -- et nous apporte la carte des vins. Une table de 6 personnes à côté était très bruyante (ces gens n'ont aucune politesse, ils auraient été seuls dans le restaurant, ils se seraient comportés de la même façon), assez désagréable pour s'entendre à trois. De plus, la table n2 où nous étions étant à proximité de la machine à addition, vers la fin du repas nous avons eu droit au bruit de l'imprimante, assez désagréable. J'ai l'impression qu'à part le salon privé, il doit être difficile de se trouver à un endroit assez calme à l'Atelier le samedi soir...

Nous avons pris 3 menus dégustation autour de la cuisine, et j'ai laissé Jean choisir le vin -- ma mère (encore elle) ne voulant pas de vin blanc, nous nous sommes retrouvés avec un petit Bordeaux. Elle l'a trouvé plutôt léger, ce qui lui convenait assez bien; personnellement, je l'ai trouvé un peu fade, plutôt jeune, un peu vert, et un brin râpeux. Mais bon: mon père conduisait et ma mère boit très peu, donc pas vraiment le choix, sauf erreur je n'ai pas vu de vin au verre.

Donc bon, fausses notes au niveau du niveau sonore la première heure, et sur le vin, mais la cuisine a été excellente:

  • tapenade d'olives noires et fromage de chèvre sur toast
  • terrine de cochon en pot au feu effilochée incluant une terrine de foie gras, et sa confiture (oignon ? figue ? ou coing ?)
  • girolles à la crème de chou-fleur
  • crème d'artichaut avec des morceaux de foie gras
  • dos de mulet grillé et sa purée de pommes de terre
  • côte d'agneau sur tranche de pain
  • moelleux au chocolat, fruits, poire caramélisée et sorbet

Ah, et ma mère m'a dit d'ajouter que le pain était excellent. Comme l'intégralité du repas, d'ailleurs.

Total: 243E pour 3 personnes, dont une bouteille à 44€ qui à mon avis ne les mérite pas. Un excellent repas, une cuisine inventive et superbe, malheureusement quelque peu gâchée par le niveau sonore. Un excellent restaurant, mais à faire soit à une dizaine de personnes afin de pouvoir utiliser le salon privé, soit à tenter entre le dimanche et le mercredi, afin d'éviter tous les crétins du week-end.

L'Atelier Berger: 49, rue Berger, 75001 Paris